Health and the City

La vie au jour le jour (ou presque !) d'une étudiante en médecine parisienne, du lit des patients à la bibliothèque universitaire, en passant par tout ce qui fait la vie hors les murs de l'hôpital.

13 juillet 2008

"J'ai toujours préféré aux voisins les voisines"...

Ahhh, les joies de la promiscuité…

La vie d'immeuble est assez agréable, somme toute, si l'on s'entend bien avec ses voisins : on rentre le soir chez soi, et lorsqu'on gravit les marches des "parties communes" (comme on dit), on gagne au passage quelques idées de menus pour la semaine : la locataire du bas a fait du poisson, celle d'en face de la viande épicée, et celle d'à côté, du chou ! Que de bonnes idées, même si, au final, le mélange de toutes ces saveurs ressemble plus à l'odeur des cuisines de la cantine de mon école primaire qu'à un dîner chez Lasseire…

Mais il y a aussi les voisins-épiciers, à qui vous empruntez alternativement un ouvre-boîte / un tire-bouchon / un peu de farine ou autre (au choix).
J'ai aussi une voisine qui part systématiquement en vacances en oubliant d'arrêter son réveil. Réveil qui lui, n'oublie pas de me réveiller, en revanche…

Il y a le voisin qui a la même sonnerie de téléphone que moi, le couple d'en face qui se balade nu après l'amour (une fois l'un, une fois l'autre), celle qui téléphone TOUJOURS devant ma fenêtre et dont je connais la vie en pointillés (un peu comme quand vous tombez sur les Feux de l'Amour, mais par hasard, évidemment, et que la dernière fois que ça vous était arrivé, c'était il y a un an, que depuis, Victor Newman a revendu son entreprise, ses enfants sont mariés et même divorcés… bref, vous essayez de retrouver le fil… et moi, je m'égare…).

Il y a les voisins dont le fils est rentré en 6ème (et qui, de fait, a commencé la FLUTE A BEC !), ceux dont le bébé ne fait pas ses nuits, ceux qui essaient bruyamment d'en faire un (de bébé).

Il y a ceux dont on sent qu'ils vont divorcer (les "toujours" et les "jamais" reviennent de plus en plus souvent dans leurs disputes…), ceux qui ont divorcé mais qui continuent à s'engueuler.

Il y a les ados qui scotchent un bristol sur la porte de l'immeuble, annonçant qu'"à l'occasion de leur anniversaire de 13 ans, ils organisent une petite boum, et qu'ils feront du bruit mais jusqu'à pas trop tard c'est promis. Merci. Julie-du-batîment-C-3ème-étage-gauche" (notons deux sous-groupes à ce type de voisins : ceux qui scotchent le petit billet une semaine à l'avance, vous donnant ainsi le temps de vous préparer psychologiquement au bruit / trouver un ami qui vous hébergera le-dit soir / acheter des boules Quies ; et ceux qui par acquis de conscience l'affichent le jour même, pour s'assurer que vous saurez que le bruit que vous entendrez (subirez ?) est bien de la musique, et non l'ouragan Katerine ayant eu un brusque revirement de trajectoire…)

Et voilà que cette nuit, j'ai fait la rencontre de voisins que je ne connaissais pas.
Il était 4h15 du matin, et j'étais tout tranquillement occupée à dormir (je sais, je suis assez peu conventionnelle), lorsque je rêvai soudain que j'étais dans un bar branché à une fête !! Robe de soirée neuve, chaussures à talons (neuves, évidemment ! – nota : très jolies, d'ailleurs… penser à en trouver des semblables…), cocktail à la main, plein d'amis autour de moi, devisant et s'amusant : Sex and the City !
Quand soudain, je me retournai, ouvris un œil, me dressai dans mon lit (chemise de nuit non-neuve, pas de Jimmy Choo, l'œil hagard, le cheveux hirsute…) : en fait de bar branché, il s'est avéré que le salon, trois appartements plus loin, s'était transformé en un gigantesque ampli, émettant une musique que j'aurais plutôt qualifiée de "bruit", accompagnée de rires gras.
Et comme chacun sait, l'été est cette merveilleuse saison où l'on vit toutes fenêtres ouvertes, dans un élan brutal de fuite en arrière, pour retrouver nos racines beatnik (et plus en arrière encore, nos ancêtres cro-magnons).

La boîte de nuit était donc quasiment dans mon lit…
Mais §"@?!! de #!?&§! : 4h15 du matin !!!

C'est avec rage que je me suis levée, que j'ai fermé ma fenêtre, rabattu ma couette, branché mon ventilateur, me suis recouchée (ah tiens, on entend encore leur satanée musique… mais le ventilateur couvre pas mal les basses…)…
Et là, après la boîte de nuit : l'insomnie. Plus moyen de fermer l'œil. Le ronronnement du ventilateur, la tiédeur de la chambre, l'agacement, aussi, sans doute un peu…

Je ne sais pas qui sont ces voisins qui, en fins mélomanes et dans leur grande générosité, ont cherché à faire partager leur passion à tous les locataires de l'immeuble (à 4h15 du matin !!!), mais en tout cas, une chose est sûre, ils ont un sacré bol que je ne sois pas de garde aujourd'hui… !

Sur ce, bon week-end ! Je file acheter le petit déj de mon homme qui n'a pas même ouvert un œil cette nuit (à 4h15 du matin !) : c'est ce même homme qui met son réveil sur ma table de chevet mais qui ne l'entend pas sonner le matin (alors que moi, oui !) : mais ça, c'est une autre histoire…

Posté par armellegc à 10:05 - Vie parisienne - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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