Health and the City

La vie au jour le jour (ou presque !) d'une étudiante en médecine parisienne, du lit des patients à la bibliothèque universitaire, en passant par tout ce qui fait la vie hors les murs de l'hôpital.

05 octobre 2008

J-1

Voilà, vendredi mon stage en orthopédie a pris fin.
Ou comment passer en deux jours de petites mamies boitillantes à des bout'choux trébuchants !

Eh oui ! Demain matin commence mon premier stage de pédiatrie...
Alors les enfants, oui, ça je sais faire. Gouzi gouzi ça va. Changer les couches, j'ai été formée à bonne école par mes trois nièces. Faire des câlins, je fais des heures sup' dès que je peux.

Mais des bobos ???

La situation la plus tragique que j'aie eu à gérer jusqu'à aujourd'hui fut une écharde dans le si petit et si tendre pied de ma nièce... Eh bien le croiras-tu, lecteur, mais quand elle m'a vue s'approcher d'elle avec ma scie circulaire et ma mine patibulaire (ou plus exactement "ma pince à épiler et mes mots qui se voulaient rassurants"...), le cher ange s'est mis à se contorsionner tel un lombric épileptique, en hurlant à qui mieux mieux : "Je veux paaaaas ! Ca va faire maaaaaaal" !!!
Ayant alors rengainé l'outil de torture que représentait à ses yeux ma modeste pince-à-poils, je tentai vainement de la faire parler :
"Mais, ma puce, l'écharde aussi elle te fait mal, non... ?" (tu remarqueras, lecteur, la subtilité de la réponse induite par cette question...)
"... (sanglots)... ouip..."
"Alors tu vois, même si tu vas avoir UN TOUT PETIT PEU MAL au moment où je t'enlèverai l'écharde, ensuite, tu seras débarrassée !!!" (mise en avant d'une perspective de bonheur à court terme)
"Oui, mais... ça va faire PLUUUUUUUUS MAAAAAAAAL (re-sanglots/re-contorsions/re-apnées)"
"..."

La contention manuelle et/ou physique, je suis contre...
Alors je te l'ai feintée, la gamine, en lui faisant la prise-du-cobra-au-soleil-couchant, soit : les bras en étau, le regard paralysant, le sourire Gibbs, immobilisation de l'organe atteint, exérèse de la-dite écharde, re-sourire (c'est ma nièce tout de même, je ne voudrais pas qu'elle me prenne pour un monstre...), câlin, fin du chagrin.
Et ma petite puce de ravaler son dernier sanglot, de me confier : "Tu sais, Armelle, t'es VACHEMENT forte comme médecine" (oui, lecteur, je suis une femme, je suis - presque - un médecin, donc à ses yeux, je suis unE médecinE : logique), et de repartir jouer avec ses soeurs.

Ouf ! Mission accomplie.

Mais voilà. Donc rappelons qu'ici il s'agissait d'une écharde, hein ?!
Donc comment je fais, moi, avec ma tête de Boucles d'Or, pour expliquer à un p'tit loup qu'il a mal, et que pour qu'il ait moins mal, il va falloir que je lui fasse plus mal ???
Comment je vais faire pour le palper médicalement s'il se tord de douleur / me vomit dessus / a une débâcle diarrhéique ?

Les papouilles, ça oui, je connais...
Mais la pédiatrie, pour un jour encore, ça attendra...

Posté par armellegc à 10:12 - Hôpital - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


« Accueil  1