14 juin 2008
BVH : Bienvenue dans une Ville Hostile !
J'adore ma ville. C'est indéniable.
Mais tout de même, en bonne parisienne, il est des choses que je devrais savoir.
Comme, par exemple, qu'on ne décide pas un samedi de refaire la déco de son appart (encore que, c'est une décision qui n'engage à rien...). Non, ce qu'il ne faut pas faire, c'est mettre en pratique cette idée un samedi, et décider, le coeur en fête, d'aller "faire un tour" au BHV (le Bazar de l'Hôtel de Ville...)
Parce que, franchement, il y a de quoi transformer en Gozilla le plus zen des moines bouddhistes.
J'avais tout bien préparé, dans ma petite tête (et sur une petite feuille de papier, on ne sait jamais...) : il me fallait très exactement des boîtes pour ranger tout plein de choses, des fleurs en papier crépon rouge pour décorer un miroir quelconque de mon entrée et une guirlande lumineuse verte et bleue.
J'arrive donc à la station de métro, descends les escaliers, et passe mon Pass Navigo. Rien. Nada. Tintin. Je le passe, la porte ne s'ouvre pas. Je le re-passe, il sonne vert et la porte ne s'ouvre pas. Je le re-re-passe, il sonne rouge, et la porte ne s'ouvre (toujours) pas. C'est à ce moment-là de la vie d'une parisienne qu'il faut enlever ses écouteurs d'ipod, se retourner, se désengouffrer du tourniquet où déjà, 4 personnes s'impatientent, et dénicher la personne qui pourra vous faire passer avec elle. Lui expliquer avec un sourire angélique que non, ça n'est pas votre faute, mais que le Pass ne passe pas, justement (comme il porte mal son nom, celui-là...), et lui demander si elle aurait l'amabilité de vous faire passer avec elle. Si elle accepte, il faudra alors vous faufiler avec elle dans une version "collée-serrée" de La chenille, et enfin passer le portillon...
Ouf ! Me voici dans le métro. Direction Châtelet. Sortie rue de Rivoli.
Et c'est là que ça se corse. Car j'ai beau connaître Paris, j'ai un problème avec la rue de Rivoli. Comme certains avec les maths, et d'autres avec leur grand tante Renée... Et bien moi, c'est la rue de Rivoli. Je ne sais jamais dans quelle sens elle est. Et il n'est pas rare que je la descende presque en entier, que je me retrouve à la Concorde pour réaliser que non, ça n'était décidément pas la direction de l'Hôtel de Ville, et qu'il faut que je rebrousse chemin si je veux enfin arriver au BHV.
Commence (ou plutôt continue...) alors un parcours du combattant, puisque les parisiens doivent être atteints d'une forme toute particulière de myasthénie qui ne se manifeste que le week-end, et marchent ainsi à 0,1 km/heure, tout en ponctuant leur trajet d'arrêts intempestifs qui rendent ardue la fameuse "marche rapide" recommandée par notre ministre de la santé.
Mais tout arrive ! Et moi aussi, à la fin des fins, j'arrive au BVH (où l'ont retrouve les mêmes parisiens ralentis, mais bon, au moins, il y a des choses à regarder tout partout, alors on flâne...)
Et c'est en flânant, donc, que je n'ai trouvé ni fleurs en papier crépon, ni guirlande lumineuse de la bonne couleur, ni boîtes...
Dépitée, j'ai acheté un gros pot de peinture et j'ai décidé de rentrer chez moi.
Comme il était hors de question que je remarche (dans le mauvais puis dans le bon sens, évidemment) jusqu'au métro et que je réitère mon petit numéro de bonjour-madame-je-pourrais-passer-avec-vous-dans-le-portillon, j'ai décidé de prendre le bus. Que j'ai attendu un quart d'heure. Qui était bondé. Qui n'avançait pas. (non non, je ne râle pas DU TOUT...)
MAIS je dois avoir l'honnêteté de dire que j'ai réussi à m'asseoir, puisque j'ai été projetée dans un virage sur une petite grand mère qui avait trouvé une place, et qui m'a gentiment proposé d'asseoir une demie-fesse à ses côtés. Et comme on m'a toujours dit qu'il fallait dire merci à la dame, j'ai dit merci. Et je me suis assise.
Je vous passerai les bénévoles de WWF-Sans-Frontière-Contre-la-Faim qui me demandent 8 fois par passage en haut de la rue de Rennes, à qui je réponds invariablement que je donne déjà à deux associations, mais que je ne peux pas donner à tout le monde, et qui tentent de me convaincre en me disant que de toute façon, ça ne change rien, puisque je peux déduire la moitié de ce que je leur donne de mes impôts.
Ce qu'ils ne savent pas, c'est que je ne gagne pas assez pour devoir payer des impôts...
Bref, me voici chez moi. Avec ma peinture.
Ben ça ne sera pas pour tout de suite. Pour l'instant, il faut que je me repose.
Qui aurait cru que ce serait aussi fatiguant d'être en vacances ?
Vivement lundi, mon nouveau stage, et les gardes de 24h que je me repose un peu !
12 juin 2008
Veni, Vidi, Vici
En ce dernier jour d'examens, avant le grand plongeon dans le monde merveilleux de la préparation au concours de l'internat, j'ai remporté l'une de ces petites victoires qui font de nous des gens souriants, épanouis, voire même (n'ayons pas peur des mots...) des gens HEU-REUX !
Reconstitution du champ de bataille :
Protagonistes :
- Une étudiante en retard pour ses examens,
- Un jean retord.
Déroulement des hostilités :
Le jean sortant tout droit de son camp de retranchement (plus communément appelé "machine à laver") fit son apparition au petit jour sous les traits d'un ennemi coriace, compte tenu de la situation dans laquelle mes troupes se trouvaient : sortant de la douche, le cheveu mouillé, l'oeil hagard, les jambes dévêtues, et seulement quelques minutes pour atteindre l'amphithéâtre maudit, lieu de toutes les souffrances (autrement dit, les examens).
J'essayai donc de dompter le jean, le saisissant d'une main ferme et sûre d'elle, et commençant un enfilage (??) rapide, net, précis.
Mais c'était sans compter le caractère opposant de ce jean (qui, comme chacun sait, est toujours un tantinet trop petit pour nos sveltes cuisses et notre su-bli-missime postérieur lorsqu'il sort du lave-linge...).
Me voici donc à sautiller sur place, jambes écartées, tirant comme une damnée sur les passants pour remonter le tout de manière un tant soit peu harmonieuse. Et sur ce point, je gagnai une bataille (mais non pas la guerre...)
Car me voici alors condamnée à effectuer une chorégraphie assez étudiée (tenant plus des joueurs de l'équipe de rugby de Nouvelle-Zélande que de Pina Bausch ) consistant à gesticuler de manière grotesque avec force flexions et levage de jambe.
Enfin, l'heure de gloire approchait, et je m'apprêtai à sonner le clairon de la victoire : il ne restait plus qu'une ultime étape à mon épopée : fermer le rétif bouton sous-ombilical... ce que naturellement, je fis avec maestro !
Veni, Vidi, Vêtue.
Ainsi s'acheva mon combat matinal. Et c'est ainsi que, fièrement vêtue, je pus reprendre ma route, à la poursuite de nouvelles aventures.
A suivre...
Premiers pas...
Premiers pas sur la grande toile...
Après avoir lu des blogs (beaucoup), commenté (un peu), et réfléchi (très longtemps !), je me lance !
Anecdotes hospitalières, patients, chefs, infirmières, co-externes, qui chaque matin donneront le ton de ma journée : à tous ceux qui me font rire, ou au contraire râler, bougonner, pleurer, et parfois même, douter...
Et puis la vie à côté, aussi. Celle qui permet de recommencer chaque jour avec (un peu ?) d'entrain la répétition des matinées à l'hôpital et des révisions.
Un peu de tout et de rien. Parfois drôle, parfois touchant, souvent sans intérêt autre que la fonction cathartique de raconter.
Cette fois-ci c'est parti.
PS : la peinture est fraîche, les finitions laissent encore à désirer, et je n'ai pas encore eu le temps de déballer tous les cartons ! : vous l'aurez compris, le blog prend ses marques petit à petit, et pour l'instant, tout est encore en travaux... Patience, donc !

